Edito #11 et sommaire

Il s’en est passé des choses depuis notre dernier numéro… Nous l’avions bouclé juste avant le début du phénomène Nuit Debout. Quatre mois après, l’effervescence est retombée. Mais l’apparence de ce calme estival ne doit pas être trompeuse. Les désillusions et la colère n’ont pas disparu. Les manifestations et les actions ont été nombreuses et bien garnies, elles devenaient si incontrôlables et déterminées que l’État a même parlé de les interdire. Ce qui s’est passé sur les places, dans les rues et dans les têtes est l’expression d’un besoin immense de renouveau et d’espoir. Il ne s’agit plus de réclamer tels ou tels nouveaux droits, de quémander le maintien de certains acquis. L’ambition est plus profonde, il s’agit de changer radicalement les mécanismes qui engendrent une situation dont on ne voit plus de débouchés. Chacun a pu s’exprimer lors de ces assemblées. Elles ont bien sûr leurs limites, les débats peuvent s’éterniser, tourner en rond, s’embourber ou prendre des directions qui n’intéressent pas grand monde. Mais ces espaces de discussions ont surtout servi à créer l’ébauche d’un commun qui manque tant à notre imaginaire et à nos réalités, à soupeser nos forces.

Cette rage et cette ferveur se sont d’abord cristallisées autour de la loi travail. Travail, ce mot qui est dans toutes les bouches. Un cri dans celle des manifestants, le seul avenir possible dans celle de l’Éducation nationale, une injonction dans celle de l’État. François Hollande a conditionné sa candidature à un second mandat à un résultat sur l’emploi, la parution mensuelle des chiffres du chômage bénéficie d’une couverture médiatique digne d’une info vitale. Même si un travail est nuisible ou sans intérêts, il est extrêmement mal vu de le refuser, ou de ne pas s’y investir corps et âme. Pourtant, les services « souffrance au travail » se multiplient, on parle de plus en plus de bull shit jobs, ceux qui ne servent à rien, de burn out, le syndrome d’épuisement professionnel, et de bore out, son pendant marqué par un ennui profond pendant les heures de travail. On colle des rustines sur la douleur des salariés et la loi Travail entérine une régression sociale. C’est une rupture historique, tandis qu’on laisse faire l’évasion fiscale ou la rétribution abusive d’actionnaires ou de dirigeants toujours plus voraces. Dans ce climat hostile, nous avons voulu donner la parole à des salariés, des indépendants, des travailleurs sociaux, des chercheurs, des économistes, bref, à ceux qui vivent le travail, l’analysent ou tentent de le transformer.

Ce numéro comporte aussi une enquête sur le bizness de la compensation écologique, qui permet aux aménageurs d’acheter des droits à détruire la nature, un petit dossier sur le mouvement des coopératives en Catalogne, un reportage à Bure avec les opposants au centre d’enfouissement des déchets radioactifs qui entendent bien occuper longtemps la forêt, etc. Pardonnez-nous ce petit retard, le prochain numéro est prévu pour fin septembre, début octobre.
Bon été !

Sommaire

p.4 Initiative - Fourche et Champ libre : Se former à des pratiques agricoles et politiques

p.6 Dossier - Regards sur le travail

                Intro- Quel horizon pour le travail?

               1906, catastrophe, grèces et ministère

                Entretien avec les sociologues Danièle Linhart et Irène Pereira.

                Médecine du travail : malgré la pression, protéger les salariés

                " Je ne voulais pas voir que ma souffrance venait du travail" : récit d'un burn-out

                Tant que ça roule, témoignage de travailleurs indépendants à vélo

                Reportage - Construire des murs pour reconstruire sa vie

                Libérons l'oisiveté !

               Le salaire à vie, une autre idée du travail

               " On ne travaille pas à Longo Maï, on y vit "

p. 33 Lu dans la presse

p.34 Portfolio - Wesh Gros

p. 38 Portrait- Estelle Le Touzé, rebelle climatique septuagénaire

p. 41 Dossier Catalogne

               La coopérative intégrale catalane

               Les néocommunautaires de Can Tonal

 p.46 A Bure, la résistance antinucléaire sort du bois,

p.48 Enquête - Le bizness de la compensation écologique

p.52 BD- Nuit Debout, par la Gazette de Gouzy


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