L'école de la bienveillance

srabhi.jpgApprentissage de la vie en groupe, initiation aux arts, respect du rythme de l’enfant… la Ferme des enfants offre depuis 15 ans à ses élèves un cadre idéal pour grandir sereinement, apprendre avec plaisir et devenir un adulte responsable et engagé.

Sur une colline ardéchoise, en bordure des Cévennes, se niche le Hameau des buis hébergeant une vingtaine d’habitants, en majorité des retraités. Au cœur de cet éco-village, la Ferme des enfants accueille 71 écoliers de la maternelle au collège. Sophie Rabhi l’a créée en 1999, pour expérimenter une « école de la bienveillance ». Aujourd’hui, ce lieu intergénérationnel attire de nombreuses familles en quête de convivialité, de sobriété heureuse et d’une éducation porteuse de valeurs qui sont les leurs.  

Les Voyageurs freinés par la loi

Legis.jpgLes Tsiganes auraient quitté l’Inde il y a plus d’un millénaire avant d’atteindre la France au XVe siècle. Bien accueillis au début, ils sont rapidement mis au ban de la société. Aujourd’hui encore, ils sont placés sous le régime d’un statut spécifique qui restreint leur liberté.

Confirmée à la fois par des études linguistiques et génétiques, l’origine indienne des Tsiganes ne fait plus guère de doutes. Selon une chronique datant du Xe siècle, ils auraient quitté, vers l’an 1000, la région du Sind, actuellement au Pakistan, pour répondre à l’appel d’un roi de Perse à la recherche de musiciens pour divertir ses sujets. Ne voulant pas devenir agriculteurs, ils se seraient ensuite progressivement éparpillés à travers le monde.

Partage mécanique au garage associatif

garage1.jpgSouvent moins chers et plus conviviaux, les garages associatifs permettent à tous de venir apprendre les rudiments de la mécanique et de réaliser soi-même les opérations d’entretien ou de réparation de leur véhicule.

Le coût élevé des réparations automobiles incite de plus en plus de monde à se rendre dans les garages associatifs ou solidaires, où ils peuvent se former à la mécanique. À Clermont-Ferrand, l’Association populaire d’initiation à la mécanique automobile, l’Apima, est un modèle du genre.

Peuples voyageurs, peuples méconnus

peuplesvoyageurs1.jpgLes « Gens du Voyage » représenteraient entre 250.000 et 400.000 personnes en France, mais cette formule administrative est insuffisante pour décrire la diversité de ces peuples. Le degré de sédentarisation varie tandis que le voyage est de plus en plus difficile.

Parler de « Gens du Voyage » revient à utiliser une formule générale qui englobe des réalités bien différentes. Elle est employée indistinctement pour parler des Manouches, des Gitans, des Yéniches, des Sinti, des Roms ainsi que d’autres communautés, plus ou moins nomades, tsiganes ou non.

Edito #4 et sommaire

Lutopik4v34-page001.jpegIl y a un an, nous étions en pleine préparation du premier numéro de Lutopik. Nous en sommes maintenant au quatrième et c’est grâce à vous que l’aventure se poursuit. Pour répondre à une question qui nous est souvent posée, voici la petite histoire de ce magazine. À son origine, nous trouvons deux journalistes qui après avoir fréquenté quelques rédactions en étaient venus à ne plus trop aimer ce métier. Trop vite, trop mal, trop de sujets inutiles, trop de discours établis... Ce travail ne nous convenait pas, nous avions envie d’autres choses. Entre voyages, saisons et autres expériences, nous nous étions quelque peu écartés du monde de la presse. C’est en ramassant des châtaignes que nos chemins se sont croisés et que l’idée de créer ce journal a germé dans nos caboches, où trottaient encore les rêves de deux reporters.

Le LAP: un lycée en autogestion

03_lutopik.gifÊtre acteur de sa formation et voir dans le lycée autre chose qu’une fabrique à bacheliers : tel est l’esprit du LAP, le lycée autogéré de Paris. Dans cet établissement public, toutes les décisions sont votées par les élèves et les professeurs, chacun possédant une voix.

Prisons : les travailleurs de l'ombre

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Des travaux forcés à l'oisiveté subie, de la souffrance au travail comme partie intégrante de la peine au travail comme récompense et gage de réinsertion : le travail en prison reste méconnu.

Du quart au tiers selon les sources, il est assez difficile de connaître précisément la proportion de personnes qui travaillent derrière les barreaux. Seule certitude : beaucoup plus aimeraient y avoir accès. Il existe plusieurs sortes de travail en détention. Le service général concerne toutes les tâches internes qui contribuent au fonctionnement de l'établissement (ménage, buanderie, cuisine...), et le travail de production réalisé soit pour le compte de la RIEP, la Régie Industrielle des Établissements Pénitentiaires (fabrication de produits pour les administrations comme du mobilier urbain, charlottes pour les hôpitaux et même les uniformes des surveillants) soit pour des entreprises privées. Il s'agit le plus souvent de tâches répétitives, non qualifiées, de conditionnement, de façonnage ou de manutention.

Les monnaies locales revisitent l'économie

sardines.gifDans certaines villes, il est désormais possible de payer sa baguette en monnaie locale, sans passer par les euros. Ces monnaies revendiquent une économie sans spéculation, dans laquelle chaque citoyen contribue par ses achats au maintien ou au développement d'une offre de services et de produits locaux.

« Dynamiser l’économie locale », « éviter la thésaurisation et la spéculation », « refaire de la monnaie un moyen et non une fin », « ne pas laisser les marchés dominer notre économie et se réapproprier la monnaie » sont autant d’arguments mis en avant par les utilisateurs des monnaies locales complémentaires. Depuis 2010 et le lancement à Villeneuve-sur-Lot de l'abeille, la première monnaie locale française, les projets se multiplient. On en recense une vingtaine sur tout le territoire, et une quarantaine sont en cours de création. Malgré des divergences de fonctionnement, tous ces projets veulent faire de la monnaie un outil au service d’échanges locaux et éthiques et non plus un moyen de spéculation. « Cela répond au désir de reprendre le pouvoir sur notre monnaie. Par nos achats, on peut impulser un changement de société », souligne Françoise Lenoble, fondatrice et co-présidente de l’association qui a lancé l’abeille.

Yannick Loubet, maraîcher militant pour les semences libres

stand-loubet.gifHabitués depuis deux générations à acheter leurs semences dans le commerce, les agriculteurs sont peu nombreux à savoir encore faire leurs graines. Yanick Loubet a réappris, et partage désormais ses connaissances avec ceux qui lui demandent.

« La semence devient une marchandise alors que c’est la base de la vie », dénonce Yannick Loubet. Maraîcher, fils et petit-fils de maraîcher, l’homme est installé à Ruffey-lès-Beaune, en Côte-d’Or, où il cultive des légumes depuis 40 ans. Il y a une trentaine d’années, il se lance dans la production de semences paysannes pour répondre à la demande de restaurateurs qui voulaient des petits légumes de bonne qualité, impossibles à trouver sur les catalogues des semenciers. Devenu militant par la force des choses, il aide aujourd’hui d'autres agriculteurs à retrouver leur autonomie semencière.

Guy Dreux : « L’école est au service du capitalisme »

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Guy Dreux est enseignant de sciences économiques, membre de l’Institut de recherches de la FSU (Fédération syndicale unitaire de l’enseignement, de la recherche et de la culture) et co-auteur de La nouvelle école capitaliste sortie en 2011 aux éditions de La Découverte. Il nous explique comment l'école est devenue un outil au service du capitalisme, encourageant l'enseignement de « savoirs utiles » aux détriments d'un bagage culturel commun.

Qu’appelez-vous la nouvelle école capitaliste ? Qu’est-ce qui la caractérise ?

La nouvelle économie capitaliste fait référence au livre de Beaudelot et Establet publié en 1971 : L’école capitaliste en France. Dans cet ouvrage, les deux sociologues expliquaient que l’école de leur époque fonctionnait à la sélection et que cette sélection reposait sur la division du travail. Pour schématiser, le capitalisme avait besoin de 25 % de cadres et 75 % d’ouvriers et l’école y répondait en instituant deux filières : le primaire/professionnel et le secondaire/supérieur. Leurs travaux interrogeaient le fonctionnement de l’école dans le cadre d’une sociologie générale. C’est cette méthodologie que nous avons choisie de reprendre pour étudier l’école d’aujourd’hui.

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