Numérique : le nouveau monde des communs

Avec l'informatique, et surtout depuis Internet pensé dès le départ comme un outil social, les échanges sont facilités. De nouvelles pratiques de gouvernance émergent autour des logiciels libres, l'accès et la construction du savoir sont bouleversés par Wikipédia tandis que le numérique bouscule le modèle économique du droit d'auteur.

Wikipédia fête ses quinze ans cette année. Souvent présentée comme l’une des plus belles créations du monde numérique, l’encyclopédie collective et universelle se fixe un but : « offrir un contenu librement réutilisable, objectif et vérifiable, que chacun peut modifier et améliorer ». Rien que dans sa version francophone, elle compte plus de 1,7 million d’articles en ligne et 2,5 millions de comptes utilisateurs, dont plus de 18.000 ont réalisé au moins une modification au cours des 30 derniers jours. Wikipédia est devenue incontournable sur la toile, où elle se décline en 249 langues. Elle puise sa force des contributions volontaires que chacun veut bien rédiger, car même sans être enregistré, tout le monde peut ajouter un article, des images, des précisions, ou bien corriger une faute d’orthographe. Si son contenu en français était imprimé, il représenterait l’équivalent de 565 volumes de l’Encyclopedia Britannica, une somme de culture commune qui bouleverse l’accès aux connaissances et l’élaboration des savoirs.

" Donner la possibilité aux gens d’être plus responsables de leur consommation d'énergie "

Indépendance énergétique de la France, développement des énergies renouvelables, programme de réduction des consommations, loi sur la transition énergétique… L'ingénieur et économiste Benjamin Dessus dénonce la politique énergétique de la France et regrette que les citoyens soient systématiquement mis de côté.

 

Avec son important parc nucléaire, la France se targue de son indépendance énergétique. Qu’est-ce que cela signifie ?
L’indépendance énergétique est le rapport entre l’énergie que l’on produit chez soi et celle que l’on consomme chez soi. En France, puisqu’on a toujours considéré que l’énergie produite dans nos centrales nucléaires était française, et qu’on en fabrique beaucoup, on se targue d’une indépendance énergétique élevée. Mais c’est complètement faux, car l’uranium n’est plus du tout produit en France depuis une vingtaine d’années. Certes, l’uranium compte peu dans le coût de fabrication de l’électricité nucléaire. Sur 55 centimes d’euro le kWh nucléaire, le combustible ne représente qu’à peine 10 %, soit 5 ou 6 centimes. Il est également plus facilement stockable que le pétrole. Mais il n’empêche qu’on est complètement dépendants de l’approvisionnement en uranium. Si le Nigeria ou le Kazakhstan décident de ne plus nous en vendre, on n’en a plus.
Si l’on s’en tient à la définition même de l’indépendance énergétique, on est donc, en France, plutôt au niveau de 9 % (grâce aux énergies renouvelables) que de 50 % comme l’affirment les chiffres officiels. On a même perdu en indépendance depuis 30 ans, car on ne produit plus du tout de charbon depuis les années 80.

« Ingouvernables », en quête d'un idéal politique

À l’approche de l’élection présidentielle, le mouvement « Ingouvernable », d’inspiration anarchiste, remet en cause la démocratie électorale et le vote « comme seul horizon ». Outre des appels à « saboter » la prochaine échéance électorale, il revendique aussi la création de lieux libres et autogérés.

Edito #14 et sommaire

Lorsque nous avons choisi d’aborder le thème de la démocratie, en décembre dernier, nous faisions, comme beaucoup, le constat d’un système électoral fatigué. Dépités par avance par une campagne électorale s’annonçant morose, nous  demandant si cela avait encore un sens de donner sa voix au moins pire et rechignant au vote utile synonyme de continuité. Nous sommes alors partis à la rencontre de celles et ceux qui essaient d’améliorer les pratiques démocratiques, et se révoltent contre un pouvoir qui ne les représente plus. Celles et ceux qui croient que les idées passent avant les noms, et qui, souvent hors des partis, imaginent de nouvelles façons de gouverner.

Aux attentes de transparence, d’honnêteté et d’humilité des dirigeants, l’actualité répondait chaque jour par une nouvelle affaire. Mise en examen de François Fillon, châtelain qui ne comprend pas l’indécence d’utiliser à son profit l’argent public tout en réclamant le démantèlement de la sécurité sociale et la fin de l’« assistanat », poursuites judiciaires à l'encontre de Marine Le Pen, soupçons de favoritisme chez Emmanuel Macron… Aux demandes de renouveau politique s’opposaient les vieilles batailles d’égos et de partis, les impossibles rapprochements malgré des programmes sensiblement identiques et les alliances opportunistes trahissant les électeurs.

Libérons l'oisiveté !

Selon les périodes de l’Histoire, du rapport au travail ou de la morale, l’oisiveté est apparentée aux plus nobles activités de l’esprit et à la liberté individuelle, ou associée à la paresse et à l’inutilité sociale.

L’oisiveté a mauvaise réputation. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Rêver, lézarder, user de son temps comme on l’entend était jadis paré des plus grandes vertus. La notion d’oisiveté s’enracine dans deux concepts forts de la culture antique, la « skholé » chez les Grecs, puis « l’otium » chez les Romains.

Politique des transports: "Nous faisons l’inverse de ce qu’il faudrait faire"

La société moderne est celle d’une mobilité poussée à l’extrême. Pour le travail ou les loisirs, les déplacements sont devenus indispensables et sont largement encouragés par les politiques de transport. Contre la vitesse et le tout-routier érigés en modèles, Jean-Charles Kohlhaas plaide pour un maillage territorial et une reprise en main des transports collectifs.

Nos comptes en 2016

Voici le détails des comptes de l'association Lutopik Magazine pour l'année 2016.

Redonner vie à l’hydroélectricité

Au sein d’Ercisol, une société à statuts coopératifs, les actionnaires ont décidé d’investir dans les énergies renouvelables de proximité pour montrer qu’une autre électricité est possible. Ils ont notamment acheté et remis en activité des petits barrages hydroélectriques abandonnés.

 

Autoconstruire son système énergétique

Dans la Vienne, l’association l’Atelier du soleil et du vent organise des formations pour apprendre à construire des systèmes basés sur les énergies renouvelables. Fours, éoliennes ou encore séchoirs solaires sont pour beaucoup de participants la première étape d’un processus d’auto-suffisance énergétique.

Energie : en quête d'autonomie

Dans un contexte de réchauffement climatique lié à nos émissions de gaz à effet de serre, et alors que le prix de l’énergie fossile et nucléaire est condamné à augmenter, les projets d’autonomie énergétique apparaissent de plus en plus pertinents. À l’échelle d’une maison, d’une île, d’un village ou d’un territoire, partout, des citoyens s’engagent dans la voie de la production d’énergies renouvelables, avec des ressources disponibles gratuitement et en abondance.

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