L'utopie végane

Depuis que l’on sait fabriquer des compléments alimentaires, comme la vitamine B12, il est tout à fait possible de ne pas consommer de produits d’origine animale et de suivre un régime végétalien, sans viande ni laitage. Mais à quoi ressemblerait la Terre si tout le monde devenait végane ou antispéciste ?

Dans un futur végane, l’humain n’a plus tous les droits sur les autres espèces, c’est un animal parmi les animaux qui refuse leur exploitation. Manger de la viande ou du poisson est regardé avec horreur, mais le véganisme va plus loin qu’un régime alimentaire végétalien, qui proscrit les œufs, le miel, le fromage, le beurre et le lait. C’est un projet de vie qui refuse également des matières comme le cuir ou la laine, ou les productions ayant fait appel à de la traction animale. Pour ses partisans, une société végane et / ou antispéciste conférerait des droits aux animaux, serait plus saine et plus écologique. Ce n’est pour le moment qu’une théorie jamais expérimentée à grande échelle. Aucun peuple ni aucune communauté n'est parvenu à vivre longtemps selon ces principes philosophiques et plusieurs tentatives ont échoué par le passé [1]. De nos jours, le véganisme se développe ; il est de plus en plus expérimenté au quotidien, peut-être par 0,5 % ou un peu plus de la population de certains pays. Le marché est florissant et bénéficie aussi de consommateurs occasionnels.

André Grimaldi : "Nous avons un bon système de soins, mais notre système de santé publique est médiocre"

Selon le classement de l’OMS, la France est au 15e rang mondial pour son système de santé. Elle était 1ère en 2000. Comment interpréter ce recul ?

Il y a matière à discussion sur les critères de jugement, qui comprennent beaucoup de choses : l’accès aux soins, la qualité, la prévention, les remboursements, etc. Ce qui est sûr, c’est que la France reste première ou deuxième avec le Japon pour ce qui est de la mortalité évitable grâce à un très bon système de soins construit historiquement. Chaque année, on réalise ainsi 6.000 greffes d’organes, de reins, de cœurs, de foies, de poumons. Ce sont des avions qui décollent, des équipes de transplantation, des prélèvements d’organes, tout ça arrive en temps et en heure, c’est une chaîne absolument fabuleuse. Mais en termes de prévention de comportements de soins, nous sommes très mauvais. La France est très mal placée parmi les pays de l’OCDE sur deux critères : les inégalités sociales de santé, qui tendent à s’accroître, et la mortalité évitable avant 65 ans liée à des comportements de santé, comme le suicide, les accidents de voiture, le tabagisme, le sida, la moitié des maladies cardiovasculaires liées aux habitudes alimentaires, etc.
Dit autrement, notre système de soins reste globalement très bon. Mais notre système de santé publique est en revanche très médiocre. En matière de tabac, par exemple, c’est un échec. On parle beaucoup de perturbateurs endocriniens, de pesticides, de pollution, qui ont des répercussions importantes. Mais 80.000 morts sont dus au tabac chaque année !

Système de santé en souffrance

Introduction de notre dossier "système de santé en péril", que vous pouvez commander ici.

Peut-on chiffrer la santé ? Bien sûr répondent les gestionnaires, qui évoquent le trou de la sécu et cherchent la rentabilité des établissements de santé, en particulier des hôpitaux sommés de combler leurs déficits. La tarification à l’acte, ou T2A, a désormais concrétisé l'idée que chaque maladie a un coût bien précis. Les financements des hôpitaux dépendent maintenant du nombre et de la nature des soins effectués : 959 € l’appendicite, entre 651 et 2.722 € pour une grippe, 1.806 € une césarienne, 609 € une migraine, etc. Finie la dotation globale de fonctionnement, place à une logique de résultats. Il est facile de comprendre alors pourquoi le personnel est sollicité pour multiplier les actes médicaux et les patients renvoyés assez tôt vers la sortie. La durée moyenne d’un séjour à l’hôpital a ainsi diminué de moitié depuis les années 80, passant de 10 à 5 jours. Les soins ambulatoires, où le patient rentre chez lui le jour même de sa prise en charge, se multiplient. Le nombre de lits disponibles chute dramatiquement et les couloirs des urgences sont saturés.

Les travailleurs hospitaliers sont nombreux à crier leur détresse, ou à l’étouffer dans le silence. Des cas de suicides d’infirmières, reconnus en accident du travail, ont défrayé la chronique ces deux dernières années. Ceux qui sont en poste dénoncent des effectifs trop réduits, une pression accrue, des soins donnés à la chaîne et le manque de temps qu’ils peuvent consacrer à chaque patient. Il est devenu très difficile de leur parler, de les écouter, les réconforter ou tout simplement expliquer ce qu’il se passe. Assurer correctement sa mission dans de telles conditions est compliqué. Le travail perd de son sens et de son humanité parce que l’empathie n’est pas rentable.

L'autonomie à fleur d'eau

De par leur isolement, les îles sont des territoires propices au développement de solutions d'autonomie énergétique. Si aucune en France n'est encore autonome, plusieurs se sont lancées dans l'aventure des énergies renouvelables. Zoom sur les îles bretonnes du Ponant, situées sur la façade atlantique.

« Il y a eu une marée noire pendant que je faisais mon service militaire. On déversait de la craie sur les nappes de pétrole pour le couler. Quelques années après ça, je ramassais encore des crabes qui avaient la gueule noire car ils mangeaient le pétrole tombé au fond de l'eau », raconte François Spinec. Cet ancien marin-pêcheur a passé toute sa vie sur l'île de Sein, au large de la pointe du Raz. Entre les marées noires et l'élévation du niveau des mers, il a développé une « sensibilité à l'écologie », comme il aime le dire. Le déclic pour agir a eu lieu en 2008, lorsqu'une  grosse tempête a provoqué des dégâts. « On a vraiment pris conscience des effets de la montée des eaux provoquée par les émissions de CO2. Sur l'île,  dont l'altitude moyenne est de 1,50 m, toute notre électricité provient du fioul, c'est lamentable ».  

Soutenez LES médias citoyens !

Communiqué de presse

L’information ne devrait pas être une marchandise, mais elle est de plus en plus sous la coupe des pouvoirs financiers et industriels. Pour faire vivre une presse libre, journalistes et citoyen•ne•s doivent inventer d’autres modèles économiques, émancipés de la publicité et des actionnaires.

Nous nous réjouissons donc d’apprendre que des personnalités des médias, de la culture, du spectacle et de la politique ont la volonté de créer un « nouveau média collaboratif, pluraliste, culturel et francophone, humaniste et antiraciste, féministe et pro LGBTI, écologiste et progressif », comme ils et elles l’expliquent dans une pétition.

« On ne travaille pas à Longo Maï, on y vit »

La remise en cause du salariat constitue l’un des fondements de la communauté Longo Maï, créee dans les années 1970. Dans plusieurs lieux, comme au Mas de Granier dans les Bouches-du-Rhône, cette expérience de vie et de travail communautaire sans salaire fonctionne encore, malgré les désaccords et les prises de bec qui sont un des moteurs de la vie collective.

« Je ne sais pas si j’aurai le temps de venir, je suis en train de faire deux choses en même temps ! Tu pourras leur dire qu’on est débordés à Longo Maï ! », lance Marc* en brûlant des feuilles avant d’aller nourrir les cochons. En ce lundi de Pentecôte, tout le monde vaque à ses occupations dans la cour du Mas de Granier, une des coopératives de Longo Maï installée dans la plaine de la Crau. Férié ou pas, c’est le jour de la réunion hebdomadaire dans la grande maison entourée des champs de foin de la communauté. On y parle de la vie collective, des disputes, des prochaines manifestations. Et de travail.

Sur les routes de la philo

À bord de la Philomobile, son camion jaune, Laurence Bouchet propose de la philosophie dans les villes et les villages. À l’opposé du cours magistral, la pratique que propose cette disciple de Socrate repose sur le questionnement et l’échange, pour permettre à chacun·e de prendre conscience de sa posture existentielle et d’avancer des arguments dans la discussion.

Edito #16 et sommaire

Alors que l'on passait l'été à travailler sur ce 16ème numéro, les orteils dans le sable chaud des déserts médicaux, entre deux plongeons dans les remous de la tarification à l'acte, l'annonce de la fin des contrats aidés nous a porté un sacré coup au moral. C'est une nouvelle douche froide pour Lutopik qui venait d'essuyer un refus à sa demande d'aide sollicitée au titre du soutien à la presse d'information sociale de proximité. Nous avions pu en bénéficier il y a trois ans, lors de sa mise en place. Elle nous était déjà passée sous le nez la deuxième année au motif que notre publication était nationale. Pour compenser, nous avions déposé une demande exceptionnelle de subvention auprès de la Direction régionale des affaires culturelles de Franche-Comté qui avait été acceptée. Nous avions meilleur espoir cette année pour le fonds de soutien, à tort. Nous passerons donc très certainement l'année sans aide.

La faible diffusion que nous avons, tirage à 1.400 exemplaires, à peine moins de 500 abonnés, une présence dans une petite centaine de points de vente et sur quelques marchés ou festivals, ne nous permet pas de sortir la tête de l'eau. Nous avons fondé le magazine il y a plus de quatre ans par passion pour le journalisme, pour avoir la liberté d'écrire sur les sujets qui nous semblent pertinents et y consacrer tout le temps que nous voulions. Les ventes du premier numéro ont suffi à assurer celle du deuxième, et ainsi de suite. Cela nous permettait de poursuivre bénévolement l'aventure. Les aides publiques que nous avions reçues, 5.000 € deux années de suite, nous ont permis d'embaucher en contrat aidé l'un des deux fondateurs. L'année suivante, nos ressources propres nous permettaient tout juste de salarier une autre personne, elle aussi en contrat aidé. Nous sommes actuellement trois à nous consacrer exclusivement au magazine, dont un au RSA depuis le début.

La fin des contrats aidés sonne pour nous comme un retour à la précarité, que nous n'avons jamais vraiment quittée. Cette décision met aussi en jeu notre survie. Nous ne sommes pas les seuls dans cette situation, la politique menée par Macron et son gouvernement vont déstabiliser un nombre considérable de petites associations comme la nôtre. Le chemin de l'austérité générale, imposé à la population comme aux services publics, est intolérable. Il nous parait d'autant plus indécent que d'autres en profitent grassement. La ministre du Travail, qui coordonne l'affaiblissement de son Code, a touché plus d'un million d'euros en vendant les actions du groupe Danone alors qu'elle mettait en place une vague de licenciement. Le montant des dividendes atteint des records. Plus de 52 milliards d'euros ont été versés aux actionnaires du CAC 40 pendant le premier semestre ; c'est 26 % de plus en un an et cela représente les deux tiers des bénéfices de ces entreprises. Pendant que le revenu des ultras-riches augmente, on apprend que 3.250 ménages français cachent à eux seuls 140 milliards d'euros dans les paradis fiscaux. Et avec la baisse de l'ISF, ils paieront encore moins d'impôts sur ce qu'ils consentent à déclarer, etc..

Il devient difficile de penser que cette situation puisse tenir encore longtemps. La colère gronde et c'est à l'arrogance du pouvoir qu'elle se confronte. Macron souhaite la révolution, comme l'annonce le titre de son livre programme, et en cela, nous le rejoignons, mais ce n'est pas à la même que nous aspirons. En attendant, vous êtes les seuls à pouvoir nous aider à poursuivre notre part de résistance. Faites tourner vos Lutopik, abonnez vos amis !

Vous pouvez commander votre numéro (5 €) ou vous abonner (20 €, ou 30 € l'abonnement soutien) sur cette page.

Transports gratuits : une piste à suivre

Pour contrer l’hégémonie de la voiture dans les centres urbains, lutter contre les pics de pollution ou les inégalités sociales, certaines villes et agglomérations appliquent la gratuité dans les transports en commun. Mais malgré les retours d’expérience positifs, cette pratique peine à s’étendre.

Régulièrement, les grands médias abordent la question de la fraude dans les transports et le « coût » qu’elle représenterait pour la société. Pourtant, la gratuité des transports en commun pourrait régler bien des problèmes en limitant la pollution et en instaurant une vraie justice sociale. Des collectifs s’organisent aux quatre coins de la France pour promouvoir ce principe au nom de la défense d’un service public.

Sciences : un enjeu de société

Les sciences, ou plutôt les innovations qui en découlent, irriguent notre quotidien. Médecine, agriculture, communication, énergie ou même textile, aucun pan de nos vies n’échappe à la technique. Pourtant, le citoyen reste à l’écart des orientations de la recherche ou des choix scientifiques.

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