Yannick Loubet, maraîcher militant pour les semences libres

stand-loubet.gifHabitués depuis deux générations à acheter leurs semences dans le commerce, les agriculteurs sont peu nombreux à savoir encore faire leurs graines. Yanick Loubet a réappris, et partage désormais ses connaissances avec ceux qui lui demandent.

« La semence devient une marchandise alors que c’est la base de la vie », dénonce Yannick Loubet. Maraîcher, fils et petit-fils de maraîcher, l’homme est installé à Ruffey-lès-Beaune, en Côte-d’Or, où il cultive des légumes depuis 40 ans. Il y a une trentaine d’années, il se lance dans la production de semences paysannes pour répondre à la demande de restaurateurs qui voulaient des petits légumes de bonne qualité, impossibles à trouver sur les catalogues des semenciers. Devenu militant par la force des choses, il aide aujourd’hui d'autres agriculteurs à retrouver leur autonomie semencière.

Guy Dreux : « L’école est au service du capitalisme »

guydreux.gif

Guy Dreux est enseignant de sciences économiques, membre de l’Institut de recherches de la FSU (Fédération syndicale unitaire de l’enseignement, de la recherche et de la culture) et co-auteur de La nouvelle école capitaliste sortie en 2011 aux éditions de La Découverte. Il nous explique comment l'école est devenue un outil au service du capitalisme, encourageant l'enseignement de « savoirs utiles » aux détriments d'un bagage culturel commun.

Qu’appelez-vous la nouvelle école capitaliste ? Qu’est-ce qui la caractérise ?

La nouvelle économie capitaliste fait référence au livre de Beaudelot et Establet publié en 1971 : L’école capitaliste en France. Dans cet ouvrage, les deux sociologues expliquaient que l’école de leur époque fonctionnait à la sélection et que cette sélection reposait sur la division du travail. Pour schématiser, le capitalisme avait besoin de 25 % de cadres et 75 % d’ouvriers et l’école y répondait en instituant deux filières : le primaire/professionnel et le secondaire/supérieur. Leurs travaux interrogeaient le fonctionnement de l’école dans le cadre d’une sociologie générale. C’est cette méthodologie que nous avons choisie de reprendre pour étudier l’école d’aujourd’hui.

Comté : un succès au détriment de l’environnement

ambiance_degustation_champetre_2013_avec_vaches-cigc_jean_pierre_van_der_elst.gifÀ l’instar de nombreuses filières AOP, le Comté, fierté fromagère régionale, n’a pas échappé à la course au productivisme. Cette intensification de la production, très localisée, provoque des pollutions qui mettent en péril la richesse écologique du terroir, pourtant nécessaire à la qualité du Comté.

Le Comté est une fierté pour les habitants de la région, mais il devient malheureusement aussi synonyme de catastrophe écologique. L’intensification des pratiques d’élevage depuis une vingtaine d’années est en grande partie responsable de la pollution des rivières franc-comtoises et de la chute de la diversité floristique observée dans les prairies. Les acteurs de la filière, qui ont fait du Comté un label de qualité, sont bien conscients du problème. Mais les considérations écologiques peinent à s’imposer face aux logiques productivistes et à la perspective de nouveaux marchés.

Blés en mélanges contre la chimie

blescouleur.gifContrairement aux gros céréaliers, Jean-Jacques Mathieu ne mise pas sur les pesticides et les engrais pour faire pousser du blé, mais sur le riche potentiel génétique de ses 200 variétés.

En 1997, Jean-Jacques Mathieu et sa femme se sont installés comme céréaliers sur une vingtaine d'hectares à Tréziers dans l'Aude. Au début, les rendements étaient très faibles. « Je n'y connaissais rien, j'utilisais du blé dur commercial en bio mais ça ne poussait pas, car ils étaient sélectionnés par et pour la chimie ». Les blés inscrits au catalogue « sont testés avec 200 unités d'azote », ajoute-t-il. Ils ne sont donc pas du tout adaptés à l'agriculture biologique.

Panser l’éducation populaire

lepage.gifDéfinie comme un apprentissage tout au long de la vie, l’éducation populaire devrait être au cœur de toute société démocratique en aiguisant la conscience politique de chaque individu. Malheureusement un peu oubliée, elle réapparait aujourd'hui avec des personnes qui se réapproprient le concept.

L’éducation populaire repose sur le partage de savoirs entre plusieurs personnes. Il s’agit de créer de l’intelligence collective, ce qui peut prendre une multitude de formes et concerner tous les domaines : l’échange de recettes de tartes au fromage, un cours d’histoire sur la Commune de Paris, des individus qui partagent leur expérience à propos du système de santé... L’éducation populaire, c’est la garantie que chacun puisse tout au long de sa vie améliorer ses connaissances sur le fonctionnement du monde.

Visite en neuroleptie / « L’injection est prête »

Pour finir avec le petit dossier sur la psychiatrie paru dans Lutopik #2, voici deux témoignages publiés initialement dans la revue Sans Remède n°4.

Visite en neuroleptie

« Allez, j’y vais, comme ça c’est fait ». J’ai honte d’avoir cette pensée, qui pourtant s’incruste avant chaque visite. Plus j’avance dans ce sens, plus je creuse un fossé entre lui et moi.
« Allez, j’y vais, comme ça c’est fait. » Est-ce par obligation ? Par culpabilité ? Avant tout je veux lui montrer par ma présence qu’il n’est pas seul. Pourtant j’ai du mal à y trouver un brin de plaisir. C’est la fin des vacances scolaires. Je ramène A. au train avant d’aller à l’HP de St Avé. Parfois nous y allons ensemble. C’est dur et grisant d’emmener un enfant dans cet endroit, surtout pour y voir son père. Horreurs des visites : 14h30. J’ai une demi-heure d’avance. La réponse, je la connais, mais je demande quand même à la blouse blanche si je peux voir E.. Elle me rembarre avec un sourire qui serait censé me faire patienter calmement. Un sourire qui m’énerve. Un sourire qui mériterait qu’elle le ravale et avec en prime son trousseau de clés, ses cachetons et sa bonne conscience. On ne déconne pas avec les horaires ici, bien que le temps semble ne pas exister.

Pourquoi Sans Remède, l'histoire d'un journal

sans-remede.gifPar l'équipe de Sans Remède

L'objet de ce texte est moins de faire un état des lieux de la psychiatrie en France que d'expliquer pourquoi et pour qui nous avons créé Sans Remède. Nous saisissons cette occasion de raconter comment le pouvoir psychiatrique s'est imposé à nous, comment nous participons et faisons vivre ce journal, les rencontres et discussions qu'il suscite, nos réponses minimales mais nécessaires face à cette institution. Nous sommes bien conscients, évidemment, que la force de nos réponses n'est pas à la hauteur de la violence de la psychiatrie dans nos vies. Il est bien entendu aussi que ce n'est pas en quelques lignes que nous pourrons vous exposer l'ensemble des positionnements de Sans Remède nous vous renvoyons donc au journal lui-même dont tous les numéros sont téléchargeables sur sansremede.fr.

« Devrais-je avoir honte ? » - Témoignage d'une ancienne infirmière en psychiatrie

psy.gifEnfermement, déshumanisation, manque de moyens et de réflexions, la psychiatrie maltraite et est maltraitée. Dans le deuxième numéro de Lutopik, sorti en décembre 2013, nous lui avions consacré un petit dossier sous formes de témoignages de patients, de soignants, de familles de malades. En voici un, écrit par une ancienne infirmière en hôpital psychiatrique. 

Jeune infirmière diplômée d’état depuis 2009, j’ai toujours été passionnée par le domaine de la psychiatrie. Après une expérience dans les DOM-TOM, j’ai en toute logique, à mon retour, postulé au sein de l’hôpital psychiatrique le plus proche de chez moi. Mon désir de travailler en psychiatrie était animé par la volonté d’aller à la rencontre de ces patients, de les accompagner, de les écouter, de les connaître… ma réalité allait être toute autre.

Les Croqueurs de Carottes : cultiver la diversité

grainesdelpais.gif

Alors que la plupart des semenciers ne proposent que des variétés hybrides et un catalogue en bio assez pauvre, les Croqueurs de carottes fédèrent des professionnels qui travaillent sur des variétés potagères traditionnelles. C’est le cas de Graines del Pais, un petit semencier bio installé dans Aude. 

A l'école Vitruve, l’apprentissage du collectif

vitruve1web.gifDans le 20ème arrondissement de Paris, il existe depuis 50 ans une école primaire publique qui cultive l’esprit collectif. Sans directeur, elle fonctionne grâce à une équipe d’instits soucieux d’enseigner aux enfants le vivre ensemble autant que la lecture. 

À l’école primaire Vitruve, ce sont les enfants qui font visiter les lieux. A mon arrivée, je suis prise en charge par deux élèves qui m’entrainent dans les couloirs, me présentent dans chaque classe, m’expliquent le fonctionnement du self... La première chose que l’on remarque, ce sont les dizaines d’affiches scotchées sur tous les murs. Les plus vieilles datent de 50 ans, les plus récentes de la veille. Elles annoncent des brocantes, des fêtes, listent des groupes, etc.

Pages