Edito #3 et sommaire

D_une.jpgLe voilà enfin, ce numéro trois. Avec un peu de retard, il arrive avec le printemps !

Pour ce numéro, nous avons choisi de retourner à l’école. Mais pas l’école traditionnelle, celle où nous avons passé de longues années assis sur une chaise, souvent à nous ennuyer, à développer le sens de la compétition, à perdre nos passions d’enfants. Nous nous sommes rendus dans des établissements plus attrayants. Ces écoles dans lesquelles l’enfant ou l’adolescent est respecté comme individu autant que comme élève, où il est encouragé à développer ses talents y compris s’ils ne correspondent pas au programme scolaire, où la bienveillance remplace l’autoritarisme, et où l’on apprend à débattre pour vivre ensemble.

Photos : Expulsion de la ZAD des Bouilles

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Jeudi 27 février, la préfecture a expulsé les opposants au barrage de Sivens, dans le Tarn, de la parcelle du Conseil Général qu’ils occupaient depuis un mois. Ce barrage financé sur fonds publics devrait permettre à quelques gros agriculteurs de pouvoir irriguer davantage et inonderait une partie de la zone humide du Testet. Peu avant 8h30, les gendarmes mobiles investissent le terrain et encerclent le campement où une dizaine de personnes dormaient sur place. « Vous avez un quart d’heure pour récupérer vos affaires personnelles » lance le gradé. L’huissier signifie l’expulsion.

L’INRA conserve des grains et invente les blés de demain

Inra2web.gifAu Centre de Ressources Génétiques de l’INRA de Clermont-Ferrand, plus de 26.000 variétés de céréales à paille sont conservées. Chaque année, les chercheurs en multiplient une partie pour régénérer les grains et maintenir la collection. Cette banque de semences est à la disposition de tous ceux qui souhaitent récupérer quelques grains, mais elle offre surtout aux chercheurs un important réservoir génétique pour élaborer les blés de demain. 

Sur les traces de l'oignon de Tarassac

medium_oignon (640x427).jpgAvec passion et obstination, Yves Giraud a sauvé cet oignon originaire de l'Hérault. Si la disparition de l'oignon de Tarassac n'aurait sans doute pas ému grand monde, la perte d'un légume adapté à son terroir depuis des générations aurait été un signe de plus de l'érosion de la biodiversité.

Depuis un siècle des milliers de variétés potagères ont disparu, et cela aurait pu être le cas de l'oignon de Tarassac. Il n'était plus cultivé que par de rares jardiniers et sans l'intervention d'Yves Giraud, il serait probablement bientôt sorti de la mémoire locale. Une sélection de plusieurs siècles l'avait pourtant adapté à ce petit coin de l'Hérault, où il pousse plutôt gros, un peu aplati, avec une saveur mi-douce.

Le GNIS, un groupement tout-puissant

Le Groupement national interprofessionnel des semences est un organisme à la fois professionnel et officiel, placé sous tutelle du ministère de l’Agriculture. Il veille aux intérêts des grosses entreprises du secteur, participe à l’élaboration des lois qui régissent le commerce des graines et surveille leur application. Un triple rôle propice aux conflits d’intérêts.

Créé sous Vichy en 1941, le Groupement national interprofessionnel des semences et des plants (GNIS) est chargé « d’organiser la production et la commercialisation des semences et plants ». En 1962, ses pouvoirs sont élargis avec la création en son sein du SOC, le Service officiel de contrôle. Il a pour mission de contrôler la qualité et de certifier les semences. Il répond à une demande du ministère de l’Agriculture, qui « voulait rendre obligatoire le contrôle des semences par une entité indépendante », explique François Burgaud, directeur des relations extérieures du GNIS.

Bio, blanc, rouge : l’extrême-droite à l'assaut de l’agriculture biologique

Depuis plusieurs années, des mouvements d’extrême droite créent des potagers, des associations bio ou des maisons vertes. Sous couvert de discours antimondialistes, ces projets en apparence sympathiques sèment des principes beaucoup moins louables. Cette petite enquête lève le voile sur ces communautés aussi discrètes qu’inquiétantes.

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La réglementation floue du commerce des semences

Legisweb1.gifLa législation française et européenne sur les semences agricoles est complexe, dispersée et peu claire. Si l'on peut, heureusement, encore semer n'importe quelle variété dans son jardin, il est en revanche interdit de vendre des graines d'une variété non inscrite au Catalogue officiel. Alors que Kokopelli a été condamné pour ces motifs, le Réseau Semences Paysannes mise sur plusieurs exceptions pour sortir de ce cadre législatif contraignant.

Les paysans dépossédés de leurs graines

Web_Une_Dossier.gifLes variétés paysannes, sélectionnées par les agriculteurs depuis la nuit des temps, sont aujourd’hui menacées d’extinction. En un siècle, 75 % de la biodiversité cultivée a disparu et les paysans ont perdu leur autonomie semencière. Cette situation est le résultat d'un siècle de politique agricole en faveur de l'agriculture intensive.

Jusqu’à récemment, et depuis 10.000 ans, les semences étaient produites dans les champs des paysans. En sélectionnant les plus belles plantes ou celles qui correspondaient le mieux à l’usage qu’ils voulaient en faire, les agriculteurs ont créé et développé au fil des siècles des milliers de variétés. Une biodiversité qui permettait de limiter les pertes en cas de maladies ou de rigueurs climatiques et de disposer de plantes adaptées aux territoires sur lesquels elles étaient cultivées. Les semences n’étaient pas une marchandise, elles s’échangeaient. Mais depuis un siècle, 75 % des variétés cultivées ont disparu, estime la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). On trouve partout les mêmes tomates, les mêmes blés et les mêmes pommes de terre aux goûts, aux formes et aux calibres uniformisés. Parce que leur culture a été arrêtée, des milliers de légumes ont disparu. 

Edito #2

Lutopik2_V37-page001.jpegVous retrouverez dans notre deuxième numéro un dossier consacré à la source de toute vie végétale, les semences. L'idée de ce dossier germait depuis quelque temps déjà lorsque nous avons appris que quatre maraîchers avaient été menacés d'amendes lors d’un contrôle de la répression des fraudes sur un marché en Ariège. Vendaient-ils des légumes dangereux ? Étaient-ce des plants génétiquement modifiés ? Non, rien de bien grave. Ils ne possédaient simplement pas leur carte du GNIS, le Groupement National Interprofessionnel des Semences, et leurs plants n’étaient pas des variétés inscrites au catalogue officiel.

Dijon : potagers contre écoquartier aux Lentillères

jardinilentille.gifLa mairie de Dijon veut détruire 7 ha d'anciennes terres maraîchères pour construire un écoquartier, un paradoxe pour la ville qui s’est engagée à favoriser l'agriculture de proximité. Pour préserver la dernière portion de ceinture verte de Dijon, la résistance s'organise au quartier libre des Lentillères, où des terres sont occupées depuis 2010. Aujourd'hui, 2 ha sont cultivés dans ce lieu qui commence à ressembler à un petit village. Agriculture bio, convivialité, partages, rencontres… Les habitants et les jardiniers ont su créer ici un bien joli quartier, loin du projet bétonné voulu par la mairie.

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