Les paysans dépossédés de leurs graines

Web_Une_Dossier.gifLes variétés paysannes, sélectionnées par les agriculteurs depuis la nuit des temps, sont aujourd’hui menacées d’extinction. En un siècle, 75 % de la biodiversité cultivée a disparu et les paysans ont perdu leur autonomie semencière. Cette situation est le résultat d'un siècle de politique agricole en faveur de l'agriculture intensive.

Jusqu’à récemment, et depuis 10.000 ans, les semences étaient produites dans les champs des paysans. En sélectionnant les plus belles plantes ou celles qui correspondaient le mieux à l’usage qu’ils voulaient en faire, les agriculteurs ont créé et développé au fil des siècles des milliers de variétés. Une biodiversité qui permettait de limiter les pertes en cas de maladies ou de rigueurs climatiques et de disposer de plantes adaptées aux territoires sur lesquels elles étaient cultivées. Les semences n’étaient pas une marchandise, elles s’échangeaient. Mais depuis un siècle, 75 % des variétés cultivées ont disparu, estime la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). On trouve partout les mêmes tomates, les mêmes blés et les mêmes pommes de terre aux goûts, aux formes et aux calibres uniformisés. Parce que leur culture a été arrêtée, des milliers de légumes ont disparu. 

Edito #2

Lutopik2_V37-page001.jpegVous retrouverez dans notre deuxième numéro un dossier consacré à la source de toute vie végétale, les semences. L'idée de ce dossier germait depuis quelque temps déjà lorsque nous avons appris que quatre maraîchers avaient été menacés d'amendes lors d’un contrôle de la répression des fraudes sur un marché en Ariège. Vendaient-ils des légumes dangereux ? Étaient-ce des plants génétiquement modifiés ? Non, rien de bien grave. Ils ne possédaient simplement pas leur carte du GNIS, le Groupement National Interprofessionnel des Semences, et leurs plants n’étaient pas des variétés inscrites au catalogue officiel.

Dijon : potagers contre écoquartier aux Lentillères

jardinilentille.gifLa mairie de Dijon veut détruire 7 ha d'anciennes terres maraîchères pour construire un écoquartier, un paradoxe pour la ville qui s’est engagée à favoriser l'agriculture de proximité. Pour préserver la dernière portion de ceinture verte de Dijon, la résistance s'organise au quartier libre des Lentillères, où des terres sont occupées depuis 2010. Aujourd'hui, 2 ha sont cultivés dans ce lieu qui commence à ressembler à un petit village. Agriculture bio, convivialité, partages, rencontres… Les habitants et les jardiniers ont su créer ici un bien joli quartier, loin du projet bétonné voulu par la mairie.

Le revenu de base, une mesure pour réduire les inégalités ?

Tout travail mérite salaire, dit-on. Mais tout salaire doit-il être rattaché à un travail ? L’existence même ne justifie-t-elle pas le droit à un revenu qui permette d’assurer ses besoins essentiels ? C’est ce que défendent les partisans d’un revenu de base, un revenu qui serait versé à tous sans conditions de ressources ni contrepartie. Au-delà du débat de chiffres sur son financement, cette proposition interroge sur notre rapport au travail et le rôle de chacun dans la société.

Pour 3,6 millions d’euros, le Rhône autorise un projet de carrière dans le Beaujolais Vert

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Dans le Rhône, le cimentier Vicat et le Conseil général ont signé en mars dernier un compromis de vente de 83 ha de forêt pour y installer une carrière de granulats. Malgré les efforts pour ne pas médiatiser cette opération juteuse pour le département, le projet a été découvert et la résistance s’organise.

Bricolage politique au squat du Transfo

Transfo_Eol.gifAu Transfo, un squat parisien, quelques bricoleurs se sont lancés dans un défi de taille : créer de toutes pièces une éolienne. L’objectif est avant tout de se réapproprier des connaissances techniques et pratiques, de travailler en collectif et de revendiquer une forme d’autonomie, que ce soit dans la conception de l’engin ou en matière de consommation électrique.

Fermeture du 115 à Clermont-Ferrand : 350 personnes encore en situation de précarité

lutorond.gifÀ Clermont-Ferrand, comme dans d'autres villes de France, l’Etat a de nouveau démontré son manque de volonté en matière de logement des plus démunis. La veille de la rentrée scolaire, environ 350 personnes avec une majorité d'enfants se sont retrouvées à devoir occuper une place en plein centre-ville suite à la fermeture du 115 alors en difficultés financières, avant d'être relogés au compte-gouttes dans des foyers, hôtels et résidences étudiantes. Quelques jours après, ces nombreuses familles et personnes isolées sont encore dans l'attente d'un logement pérenne. Rappel des faits.

Edito # 1

double_une.gifBonjour cher lecteur ! La petite équipe de Lutopik est heureuse de vous présenter son premier numéro. Ce magazine trimestriel diffusera des nouvelles qui, chacune à leur manière, sont autant d'alternatives à un système à la dérive, aussi bien sur le plan social, économique, politique, qu’environnemental. Pour la première fois de notre histoire, nous mettons en péril le fragile équilibre de notre planète. Des crises sociétales, souvent violentes, éclatent un peu partout, le partage des ressources ne profite toujours qu’à une minorité et la pauvreté augmente. Tous ces dégâts sont en grande partie liés aux modèles productiviste et capitaliste qui, sous différentes formes, sévissent sur la quasi-totalité du globe. Heureusement, partout aussi, des gens s’engagent sur d’autres voies et développent des manières de vivre différentes. Ce sont ces initiatives que nous voulons développer dans nos colonnes. Des histoires de luttes et d'utopies, sans oublier de dénoncer quelques aberrations de notre époque.

Qui peut rouler à l’huile de friture ?

Utiliser les huiles alimentaires usagées comme carburant présente des avantages environnementaux et sociaux. Pourtant, ceux qui tentent l’aventure se heurtent souvent au refus des autorités. Ces dernières n’autorisent à rouler à 100% d’huile que les agriculteurs et … le transporteur de McDonald’s !

ZAD : Occuper pour résister

Depuis quelque temps, un mot revient souvent sur les lèvres et sur les murs : ZAD. Ces initiales signifient Zones d'Aménagement Différé, des secteurs où l’État souhaite acquérir des terres pour y implanter une infrastructure. Pour cela, il dispose d'un droit de préemption sur toutes les ventes. La plus célèbre des ZAD est Notre-Dame-des-Landes. Il y a quelques années, ceux qui occupaient là-bas des cabanes et des maisons ont réinventé l'acronyme. Pour beaucoup, ZAD signifie désormais Zone à défendre.

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