économie

Nos comptes en 2016

Voici le détails des comptes de l'association Lutopik Magazine pour l'année 2016.

" Les communs proposent un nouveau modèle social et économique "

Importance de bien définir les concepts, prévalence de l'intérêt général sur la propriété privée, perspective de changement radical... Christian Laval et David Bollier, deux penseurs des communs, nous expliquent la vision qu'ils en ont.

Comment peut-on définir les biens communs ou le principe du commun ?
David Bollier
: Les communs sont un système social qui maintient et gère les ressources d’une communauté. Un commun, c’est donc l’addition d’une ressource, d’une collectivité et des règles et valeurs qu’elle s’est fixé pour maintenir et gérer cette ressource. Les exemples les plus classiques sont l’eau ou les terres chez certaines communautés indigènes, les logiciels libres, l’encyclopédie collaborative Wikipédia… Les communs proposent un nouveau modèle social et économique, ce qui est parfois un peu dur à comprendre car nous n’avons pas encore les mots pour en parler. C’est un peu comme lorsque dans les années 50-60, les gens se demandaient ce qu’était l’écologie. Je crois que les communs essaient d’introduire un nouveau vocabulaire, des concepts et des logiques différents du système de marché qui prévaut.

Du thé et des glaces au parfum d’autonomie

Agroalimentaire pourrait ne plus rimer avec malbouffe, mauvaises conditions de travail et fournisseurs sous-payés. La Fabrique du Sud à Carcassonne avec ses glaces, ainsi que SCOP Ti à Gémenos avec ses thés et infusions, rassemblent des ouvriers en SCOP, convaincus qu'une autre voie passant par exigence sociale et environnementale est possible. Et ça marche !

Les seniors pris pour cible

Le vieillissement de la population comme atout pour la croissance, voilà le scénario de la silver économie. La filière est devenue une des priorités de l'Etat qui y voit une aubaine pour l'emploi et l'occasion de soutenir des technologies comme la robotique, la domotique et la téléassistance. Mais pour le moment, les "seniors" sont moins intéressés que les industriels. 

Les monnaies locales revisitent l'économie

sardines.gifDans certaines villes, il est désormais possible de payer sa baguette en monnaie locale, sans passer par les euros. Ces monnaies revendiquent une économie sans spéculation, dans laquelle chaque citoyen contribue par ses achats au maintien ou au développement d'une offre de services et de produits locaux.

« Dynamiser l’économie locale », « éviter la thésaurisation et la spéculation », « refaire de la monnaie un moyen et non une fin », « ne pas laisser les marchés dominer notre économie et se réapproprier la monnaie » sont autant d’arguments mis en avant par les utilisateurs des monnaies locales complémentaires. Depuis 2010 et le lancement à Villeneuve-sur-Lot de l'abeille, la première monnaie locale française, les projets se multiplient. On en recense une vingtaine sur tout le territoire, et une quarantaine sont en cours de création. Malgré des divergences de fonctionnement, tous ces projets veulent faire de la monnaie un outil au service d’échanges locaux et éthiques et non plus un moyen de spéculation. « Cela répond au désir de reprendre le pouvoir sur notre monnaie. Par nos achats, on peut impulser un changement de société », souligne Françoise Lenoble, fondatrice et co-présidente de l’association qui a lancé l’abeille.

Le revenu de base, une mesure pour réduire les inégalités ?

Tout travail mérite salaire, dit-on. Mais tout salaire doit-il être rattaché à un travail ? L’existence même ne justifie-t-elle pas le droit à un revenu qui permette d’assurer ses besoins essentiels ? C’est ce que défendent les partisans d’un revenu de base, un revenu qui serait versé à tous sans conditions de ressources ni contrepartie. Au-delà du débat de chiffres sur son financement, cette proposition interroge sur notre rapport au travail et le rôle de chacun dans la société.