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L’Atelier pour et par des paysans

La réappropriation des savoir-faire pour redonner un peu plus d’autonomie aux paysans, c’est le leitmotiv de l’Atelier paysan. La coopérative organise des formations un peu partout en France pour aider les agriculteurs biologiques à concevoir et fabriquer les outils dont ils ont besoin.

Le chantier fait un peu de bruit dans le village. Normal, une douzaine de personnes s’affairent à la meuleuse sur des plaques de ferraille. Les bricoleurs et les bricoleuses découpent, soudent et percent la tôle en même temps qu’ils apprennent à fabriquer un four à pain. Le modèle n’est pas encore tout à fait définitif, « c’est un prototype, il nous sert de support à l’initiation du travail du métal », indique Seb, maraîcher à la belle saison et formateur l’hiver pour l’Atelier Paysan. « En trois jours de stage on démystifie, on ne devient pas soudeur ou métallier, mais on se rend compte que l’on peut modeler une plaque de métal », explique-t-il. L’Atelier Paysan existe depuis 2009. Il est devenu une coopérative en 2014, reconnue pour ses formations d’autoconstruction. Celles-ci visent la réappropriation des savoirs paysans en « soutenant la conception d’équipements agricoles adaptés et adaptables ».

« Ingouvernables », en quête d'un idéal politique

À l’approche de l’élection présidentielle, le mouvement « Ingouvernable », d’inspiration anarchiste, remet en cause la démocratie électorale et le vote « comme seul horizon ». Outre des appels à « saboter » la prochaine échéance électorale, il revendique aussi la création de lieux libres et autogérés.

Edito #14 et sommaire

Lorsque nous avons choisi d’aborder le thème de la démocratie, en décembre dernier, nous faisions, comme beaucoup, le constat d’un système électoral fatigué. Dépités par avance par une campagne électorale s’annonçant morose, nous  demandant si cela avait encore un sens de donner sa voix au moins pire et rechignant au vote utile synonyme de continuité. Nous sommes alors partis à la rencontre de celles et ceux qui essaient d’améliorer les pratiques démocratiques, et se révoltent contre un pouvoir qui ne les représente plus. Celles et ceux qui croient que les idées passent avant les noms, et qui, souvent hors des partis, imaginent de nouvelles façons de gouverner.

Aux attentes de transparence, d’honnêteté et d’humilité des dirigeants, l’actualité répondait chaque jour par une nouvelle affaire. Mise en examen de François Fillon, châtelain qui ne comprend pas l’indécence d’utiliser à son profit l’argent public tout en réclamant le démantèlement de la sécurité sociale et la fin de l’« assistanat », poursuites judiciaires à l'encontre de Marine Le Pen, soupçons de favoritisme chez Emmanuel Macron… Aux demandes de renouveau politique s’opposaient les vieilles batailles d’égos et de partis, les impossibles rapprochements malgré des programmes sensiblement identiques et les alliances opportunistes trahissant les électeurs.